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Un jeune « aveugle » regarde vers un bon avenir

Un jeune « aveugle » regarde vers un bon avenir

Ndihokubwayo Jérôme est né un petit garçon en bonne santé en 1994 sur la colline Mugerera de la commune Kiremba en province Ngozi au Nord du Burundi. Il est le cinquième enfant des dix frères de Macumi Nicolas et Ndiragora Thèrese.

Cependant,  il a perdu la vue depuis qu’il a contracté une maladie des yeux en 2010 à l’âge de seize ans quant il était élève en cinquième année primaire.

Le début de sa cécité a commencé par son œil qui le faisait mal, et au bout de quelques jours, l’œil a fini complètement par ne rien vu. C’est ainsi que la vie a commencé à devenir compliquer pour Jérôme car, son 2ème œil a été mêmement attaqué.

Quand ses parents l’ont emmené chez un ophtalmologue, il leur a dit l’enfant a perdu ses yeux à cause de la perturbation des nerfs qui conduisent vers le cerveau.

                      Difficile à supporter

« Cela peut être assez difficile quand on a grandi avec la vue, puis qu’on la perd en tant qu’adulte. Vous devez faire beaucoup d’ajustements, c’est vraiment un défi mental et émotionnel », nous a expliqué Jérôme. Ses amis, ses frères, l’entourage et même ses parents ne comprenaient pas ce qui lui était arrivé.  Tout le monde ne voulait pas s’approcher de lui de peur qu’ils perdent la vue comme lui.

Toutes ces stigmatisations ont fait que Jérôme commence sa vie avec la plupart des chances contre lui.  Pour se mettre à l’abri des moqueries, il était obligé de quitter l’école pour aller s’isoler loin chez eux derrière la maison où passait toute la journée.

 Quelques jours plus tard, un homme est  venu chez  eux et l’a trouvé aveugle, une situation qui l’a énervé.

Cet homme a par la suite proposé à ses parents d’aller  l’inscrire dans une école des aveugles comme lui dénommée « Espoir d’Avenir ». Cette dernière était située à Kijuri en commune Matongo de la province Kayanza et appartenait à un certain Daniel Ntiranyibagira, également aveugle.

C’est de cette manière qu’il a eu la chance d’être admis à cette école où il était obligé de reculer de la 5ème  en 1ère année  pour pouvoir d’abord maitriser l’écriture braille utilisée par les aveugles pour étudier et communiquer par écrit.

Malheureusement, faute d’une crise économique qui a secoué cet établissement, celui-ci n’a pas continué à fonctionner normalement. Son fondateur avait été recruté dans une autre fondation ayant les missions de s’occuper des déficients visuels. 

Des enfants qui étaient prises en charge dans son école inclus Jérôme avaient été mutés vers sa nouvelle destination, la fondation Uwiragiye Fondation située au sud de la ville de Bujumbura.

C’est cette même fondation qui a finalement poussé Jérôme à la sortie vers une autre école où il se distingue en classe.   

                    Un pas très satisfaisant

C’était en 2019 que Jérôme a commencé en huitième à l’école Penn Blind School de la fondation Uwiragiye.

Dès son arrivé à la fondation, il a fait figure d’exemple de son courage dans les études avec un intérêt de terminer l’enseignement post fondamental et universitaire dans l’optique de devenir journaliste selon ses dires, en témoignent d’ailleurs sa note de 130 sur 200 points au concours national où il était en compétition avec les voyants.

Jérôme a par la suite été orienté en section langue au lycée de la sagesse de Gitega, ex CND qui héberge aussi les élèves vivants avec handicap.

Elle est l’unique école secondaire d’excellence à avoir adoptée à travers le pays le programme d’éducation inclusive, initié depuis 2010 par le gouvernement du Burundi.  

Malgré son handicap visuel,  les enseignants et ses collègues de classe s’étonnent de ce garçon depuis son arrivée dans cette section au regard des résultats qu’il obtient dans les cours et de la place qu’il occupe en classe.

En 1ère  année 1er trimestre, il a été 4ème parmi 22 élèves avec 59%, 2ème trimètre 6ème avec 64%, 3ème trimestre 3ème avec 65%.

En 2ème année, 1ère  trimestre 4ème avec 61%, 2ème trimestre 3ème avec 64% et 3ème trimestre 3ème avec 65% dans 23 élèves.

Actuellement ce courageux garçon aveugle s’apprête à passer un test national  pour embrasser l’enseignement universitaire, ce qui lui permettra de concrétiser son rêve d’être journaliste,  le port- parole de ses paires ayant un problème commun.

Les résultats de cette dernière année de ses études secondaires montrent qu’il s’est bien comporté  en se classant première parmi les 23, avec une note de 64%. En 2ème trimètre, il a occupé la 5ème place avec  une note de 62,5%.    

Lors de nôtre entretien avec Jérôme Ndihokubwayo, il nous a fait savoir que: « {………} le changement d’une école à l’autre  m’a aidé à renforcer ma confiance. J’ai appris à m’exprimer et à vivre avec des camarades malvoyants comme moi et des personnes souffrant de divers handicaps ». Il a enfin manifesté sa reconnaissance à la fondation Uwiragiye.  Sa situation actuelle résulte des efforts, de la générosité et de la gentillesse des responsables de la fondation en l’occurrence Sylvie Uwiragiye qui se charge de tous ses besoins, a-t-il pris de souligner.

Il a terminé par un appel aux parents et aux aidants familiaux à rompre le silence autour de ce scandale de priver aux enfants handicapés le droit d’être scolarisés comme les autres, la seule opportunité qui pourrait les aider à améliorer leur vies et à devenir pleinement indépendants

Rappelons qu’au cours des dernières décennies, le Burundi a fait de grands progrès pour concrétiser les droits des personnes handicapées, notamment en ratifiant la convention  internationale relative aux droits des personnes handicapées le 26 mars 2014 et le protocole à la charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatifs aux droits des personnes  handicapées …….

Malheureusement, fort est de constaté que les jeunes handicapés comme Jérôme continuent de se heurter à d’énormes inégalités et obstacles pour réaliser leurs droits à l’éducation et à un travail décent, digne et épanouissant.

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