PENN BLIND SCHOOL : 5 PREMIERS LAUREATS DIPLOMES, DONT 2 VOYANTS ET 3 NON-VOYANTS
Bujumbura, le 16 mai 2026:
Ambiance de fierté et d’émotion ce samedi à la Penn Blind School. L’école inclusive de la Fondation Uwiragiye a célébré la remise des diplômes de sa toute première promotion : 5 élèves ont achevé leurs humanités générales, option sciences sociales.
Parmi eux, 2 élèves voyants et 3 élèves non-voyants. Cette mixité illustre l’ambition de l’établissement : offrir le même niveau d’exigence et les mêmes chances à tous, quelque soit le handicap. « Intégrer des élèves voyants et non-voyants dans les mêmes classes, c’est montrer que devant Dieu, nous sommes égaux », rappelle Serges YANDOKOYE directeur de cette école.
Une école née pour briser les barrières
Créée à l’initiative de la Fondation Uwiragiye et financée à 100% par l’homme d’affaires François Uwiragiye, la Penn Blind School a pour objectif de prouver qu’une éducation de qualité peut être pleinement inclusive.
« Aujourd’hui n’est pas seulement une remise de diplômes. C’est la preuve que l’inclusion n’est pas un slogan. Quand on met les moyens et la volonté, les élèves apprennent ensemble et réussissent ensemble », a déclaré Sylvie Uwiragiye, représentante de la fondation, lors de la cérémonie.
Elle a ajouté : « Dans une telle vocation, si l’on ne met pas Dieu au centre de tout, rien ne tient. Nous qui voyons, marchons et agissons sans entrave, devons-nous rappeler de remercier Dieu chaque jour. »
Des compétences égales pour un avenir commun
Pour ces 5 lauréats, la fin des humanités marque le début d’un nouveau chapitre. Après 13 ans de cursus commun, ils sortent avec les mêmes compétences et le même diplôme, prêts pour l’enseignement supérieur ou l’insertion professionnelle.
« L’accompagnement des enseignants et l’esprit de solidarité dans l’école nous ont portés », témoigne Thérence Nininahazwe, l’un des lauréats non-voyants.
La Fondation Uwiragiye veut faire de cette promotion un modèle à reproduire. « C’est une première, mais ce ne sera pas la dernière. Notre engagement est de former d’autres jeunes dans les mêmes conditions, pour changer le regard sur le handicap et sur l’école », a indiqué François Uwiragiye.
Un appel du ministre à la solidarité et à l’emploi inclusif
Le ministre de la Fonction Publique, Gabriel Nizigama, a salué l’engagement de la famille Uwiragiye envers les enfants aveugles, un soutien rare au Burundi.
« Penser à ces enfants et les accompagner concrètement mérite toute notre reconnaissance. Consacrer son temps et son argent pour aider les personnes vulnérables est un geste que peu de gens posent, alors que d’autres les exploitent pour mendier », a-t-il déclaré.
Il a lancé un appel aux personnes généreuses à soutenir d’avantage les plus vulnérables, et s’est dit confiant que les personnes handicapées ne seront pas écartées lors des recrutements. Il a aussi demandé à celles qui ont obtenu un emploi de prouver leurs capacités.
Cap sur les standards internationaux
La cérémonie intervient alors que l’école entame sa transition du système francophone vers le système anglophone.

« Offrir gratuitement à des enfants le manger, le logement et l’éducation n’est pas une chose facile », a rappelé François Uwiragiye. Le passage à un système conforme aux standards internationaux exige en effet beaucoup plus de moyens qu’auparavant.
Face à ce défi, Uwiragiye s’est engagé à augmenter l’enveloppe allouée à l’établissement. L’objectif : garantir aux élèves une alimentation équilibrée, un cadre de vie décent, des tenues adaptées et des infrastructures scolaires aux normes internationales. « Avec la volonté de Dieu, tout sera possible », a-t-il assuré.
Les cérémonies se sont clôturées par la remise des certificats et le partage d’un repas